Dans un monde où la compétition professionnelle est de plus en plus féroce, la question de la performance et de l’évolution de carrière est centrale. Une affirmation provocatrice suggère que la médiocrité est la norme pour 99% des gens, non par manque de capacité, mais par manque de tentative réelle. Cette vision, bien que choquante pour certains, met en lumière une vérité fondamentale sur le développement personnel et professionnel : l’expertise n’est pas un don, c’est une conquête. Pour sortir du lot, il est impératif de comprendre comment fonctionne l’apprentissage, pourquoi certains stagnent malgré les années d’expérience, et comment activer les leviers de la “pratique délibérée”.
Prenons l’exemple de l’apprentissage des langues ou des compétences techniques. Il est fascinant d’observer les divergences d’attitudes selon les secteurs. Dans l’univers des startups agiles, l’auto-formation est un prérequis. On y consacre du temps, souvent personnel, pour rester à la pointe. À l’inverse, dans des structures plus traditionnelles, la formation est souvent subie. J’ai pu observer ce contraste lors d’échanges avec des formateurs en anglais : leurs clients ne sont pas des passionnés, mais des salariés envoyés par leur hiérarchie pour combler une lacune bloquante. Cette différence d’approche — proactive contre réactive — définit souvent la vitesse de progression d’une carrière. Ceux qui attendent que l’entreprise les forme prennent inévitablement du retard sur ceux qui prennent leur destin en main.
Cependant, même la volonté ne suffit pas toujours. Il faut aussi de la méthode. J’ai longtemps animé des ateliers de programmation, ou “Code Katas”, inspirés des arts martiaux. Le concept était simple : se réunir pour résoudre des problèmes de base, affiner ses réflexes et comparer ses solutions avec ses pairs. La logique aurait voulu que ces sessions soient remplies de débutants cherchant à progresser. La réalité fut tout autre. Les participants les plus assidus étaient invariablement les développeurs les plus chevronnés, des experts reconnus mondialement.
Pourquoi des experts perdent-ils leur temps sur des exercices de base ? Parce qu’ils savent que la maîtrise réside dans les détails et que la complaisance est l’ennemie de l’excellence. Ils ne viennent pas pour “apprendre à coder”, mais pour “apprendre à mieux coder”. C’est ce que l’on appelle le biais de recrutement dans l’amélioration continue : les gens qui cherchent à s’améliorer sont souvent ceux qui sont déjà les meilleurs, car leur état d’esprit est orienté vers la croissance perpétuelle. Ils ne se reposent jamais sur leurs lauriers.
Ce phénomène éclaire d’un jour nouveau la célèbre règle des “10 000 heures”. Si la pratique est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Répéter la même tâche pendant dix ans sans chercher à l’optimiser ne fait que renforcer des habitudes, parfois mauvaises. Pour véritablement progresser, il faut adopter une pratique délibérée.
Les composantes essentielles de la pratique délibérée incluent :
- Un objectif précis : Ne pas dire “je veux m’améliorer”, mais “je veux réduire mon taux d’erreur de 10%”.
- Une concentration totale : L’apprentissage ne se fait pas en mode multitâche ; il exige une attention pleine et entière.
- Un feedback immédiat : Il est crucial de savoir rapidement si l’action entreprise est correcte ou non pour pouvoir ajuster le tir.
- La sortie de la zone de confort : Progresser signifie échouer temporairement sur des tâches que l’on ne maîtrise pas encore.
- La répétition intelligente : Refaire l’exercice non pas à l’identique, mais en intégrant les corrections du feedback précédent.
L’application de ces principes crée un cercle vertueux puissant. Plus on apprend, plus il devient facile d’apprendre. Le cerveau crée des connexions, des modèles mentaux qui permettent d’absorber de nouvelles informations plus rapidement. C’est l’intérêt composé de la connaissance. De plus, l’amélioration des compétences techniques de base, comme la vitesse de frappe ou la maîtrise des outils logiciels, génère des gains de temps quotidiens qui peuvent être réinvestis dans d’autres apprentissages. C’est un effet levier formidable.
De plus, l’expertise ouvre des portes inattendues. Une compétence pointue dans un domaine, même de niche comme l’automatisation sans code (no-code), peut transformer un simple exécutant en consultant recherché, voire en formateur. Les opportunités économiques et relationnelles gravitent autour de ceux qui ont su dépasser la moyenne. Chaque jour passé sans apprendre est un jour où l’on perd du terrain face à ceux qui investissent en eux-mêmes.
Pour mettre cela en pratique, il faut de la bienveillance envers soi-même, mais aussi une exigence de fer. Il faut accepter d’être médiocre au début pour devenir excellent à la fin. Il faut visualiser ses progrès pour garder la motivation intacte, à l’image des jeux vidéo ou des applications ludiques qui récompensent la régularité. Et surtout, il faut cultiver une curiosité insatiable. Chaque anomalie, chaque chose que l’on ne comprend pas est une invitation à creuser, à lire, à enquêter.
Il est donc vital de ne pas se laisser endormir par la routine. Il faut chercher activement à lire davantage, à se documenter, à pratiquer encore et encore. L’excellence n’est pas une destination, c’est une manière de voyager. C’est refuser d’être dans les 99% qui n’essaient pas, et choisir délibérément l’effort, la curiosité et la croissance. C’est ainsi que l’on construit non seulement une carrière réussie, mais une vie intellectuellement riche et stimulante.